vendredi 25 avril 2008

Résidus de pesticides dans le vin ?

Enfin le débat est ouvert ! Et il est loin d’être clos car la question est aujourd’hui une question sensible. Dans l’épaisseur du silence sur les pesticides contenus dans un verre de vin, c’est important !



Le vin serait, selon certains, contaminé, chargé de pesticides. C’est une vrai/fausse nouvelle. Nous savons tous que les vins conventionnels, utilisent des produits dits « d’accompagnement », aussi bien pour « protéger » le pied de vigne et ses raisins, que pour favoriser couleurs, odeurs, saveurs (!) du vin se construisant.

L’étude
Les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) et le MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) pour la France, ont réalisé une campagne d’analyses sur des vins d’Europe et du monde entier. Les conclusions de cette ensemble d’études font ressortir que sur les 40 bouteilles de vins rouges analysées en provenance de différents pays européens, dont la France, tous les vins dits conventionnels étaient chargés de pesticides et seuls cinq des six vins issus de l’agriculture biologique conduit à l’analyse ne présentait aucune traces de pesticides. Le problème est que parmi les résidus trouvés dans les vins conventionnels, de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neuro-toxiques.

Les réactions
Elles ne se sont pas fait attendre. Elles sont assez vives, portées par différentes organisations de producteurs, très certainement de gros producteurs ou d’intérêts nationaux tels que l’IFV (Institut français de la vigne et du vin), l’OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin) ou encore COPA-COGECA (Comité des organisations professionnelles agricoles - Comité général de la coopération agricole de l’Union européenne).

Notre intérêt se porte sur le statut et la qualité des arguments produits par les contradicteurs :

- 1er argument : « Les traces retrouvées dans les vins conventionnels ou autres sont des traces de produits autorisés ».
Sous-entendu : ce que vous dénoncez messieurs de PAN-Europe est par ailleurs autorisé par la puissance publique et les différentes instances publiques européennes.

- 2ème argument : « Les teneurs en pesticides décelées par PAN-EUROPE sont inférieures à celles décelées par des études antérieures, réalisées par l’Institut français de la vigne et du vin et par le ministère de l’Agriculture ».
Sous-entendu : Vos propos n’ont pas grandes valeurs. Nous sommes allés plus loin que vous. Nous avons décelé des charges supérieures lors de travaux qui, eux, ont une valeur scientifique plus importante que vos conclusions parce que appuyées par des instances publiques (laboratoires de recherche publique ou autres).

- 3ème argument : « la vrai question, c’est la question des LMR (Limites Maximales de Résidus). Là est la vrai question, et pour l’instant, ces limites maximales ne sont pas fixées. Donc que peut-on dire ? »
Sous-entendu : Vous avez pris comme référent en charge de pesticides, l’eau potable. Il va de soi que ce référent ne convient pas et qu’en conséquence vos inférences et vos conclusions n’ont guère de valeur.

- 4ème argument : celui-là est sans rapport avec l’analyse scientifique. « Cette étude ne peut que déclencher des craintes chez les consommateurs. C’est une étude irresponsable ».
Sous-entendu : Portée par des irresponsables.

On le voit le débat risque d’être tendu, houleux. Tous les coups seront permis pour essayer d’invalider les propos de l’adversaire. Pour notre part, nous pensons que la brèche est ouverte, dans l’épaisseur du silence sur les pesticides contenus dans le vin, et que c’est important. Cette brèche devrait nous permettre d’afficher, à terme, la teneur en pesticides de nos vins. Après tout c’est la seule posture qui compte. On verra bien comment se comporteront alors ceux qui cherchent appui, pour dissimuler la réalité des faits, auprès d’instances prétendument scientifiques.

vendredi 11 avril 2008

« Renaissance des AOC » sur le sol italien à Vérone

5/6/7/ avril 2008 : Rencontre annuelle à Vérone au restaurant Ca' Scapin où le groupe Renaissance des AOC était invité. Premières et fortes impressions : La qualité de l’accueil des organisateurs, la rencontre Carlo Petrini / Nicolas Joly, sans oublier le goût affirmé des visiteurs pour les vins devenant vieux, et la présence étonnante de viticulteurs géorgiens.

La qualité de l’accueil
Ce point d’importance mérite d’être souligné. Aujourd'hui tout devient froid et formel (y compris les sourires). Simple application des règles et principes des politiques qualité. À Ca' Scapin rien de tout cela. L’accueil très convivial était réglé par deux moments forts. Tout d'abord, le barbecue géant pour vignerons et visiteurs, conduit par un éleveur de bœufs qui avait mis à disposition des convives d’énormes pièces de viande. Autour du feu, le bruit courait que la cuisson aurait duré plus de vingt heures, histoire de gérer la bonne distance entre pièces de bœufs et chaleur du foyer. Ensuite, le lendemain l’apéro- fromage, juste avant le dîner des vignerons, nous a "scotché sur place" pendant plus d’une heure. Saisis par la multiplicité des saveurs, du poivre au fade légèrement pimenté, nous n’osions plus bouger de peur de perdre notre place et notre assiette. Là aussi la réussite tient à la présence sur site, tranchoir à la main, de l’éleveur-fromager.


Entrée de Ca' Scapin : l'éleveur prépare depuis la veille, le barbecue

Rencontre Carlo Petrini / Nicolas Joly
Le dernier ouvrage de Nicolas Joly, édité par Slow Food Editore, Il vino biodinamico, territorio, gusto e qualità a été présenté en avant-première à Vérone samedi 5 avril 2008. Devant une salle comble, Carlo Petrini Président de Slow Food, a honoré de sa présence, la présentation de l’ouvrage par Nicolas Joly. Un moment fort, sincère, une rencontre rare sur fond de contexte franco-français de présentation au Parlement de la loi (française) sur les OGM. Mais au fait quelle est la position exacte, à ce jour, du Mouvement Slow Food sur les OGM ?

Un goût de plus en plus affirmé pour le vin devenant vieux
Notre Lagarette 98 Cuvée Renaissance, a eu un grand succès au cours de la dégustation. Tous les visiteurs, dégustateurs curieux de ce millésime, ont apprécié sa rondeur, la finesse de ses tanins vieillissants, etc. Tant mieux ! Pendant longtemps, trop longtemps (rapport de force oblige), ce type de vin ne pouvait pas être présenté aux dégustations surtout en Italie. Seuls comptaient la jeunesse et le fruit, au détriment, hélas, de ce qui s’appelle tout simplement "un vin". Vérone 2008 a marqué pour nos vins une forte inversion de la tendance "vin jeune / vin vieux".



Présence de viticulteurs géorgiens

C'était une belle et vraie rencontre avec échanges d'expériences respectives. De l'émotion, beaucoup d’émotions, car tout viticulteur qui connaît un peu l’histoire de son produit sait que la Géorgie est un pays chargé d’histoire et de symboles concernant le vin. Leur mode de vinification dans de grandes amphores (2 mètres de haut) complètement enterrées et fermées. Tout cela nous a beaucoup intrigué. Nous aimerions en savoir plus. Envie d’aller voir sur place. Et puis après le dîner des viticulteurs, il y a eu leurs chants polyphoniques. Impressionnants !

Mais aussi envie de revenir à Vérone en 2009...

mardi 1 avril 2008

Bienvenue à Lagarette !

21 février 2008. Du soleil dans les vignes ! Du soleil dans nos cœurs !
Vingt-cinq enfants de Camblanes accompagnés de Mme Baransade institutrice de la classe CM1/CM2, ont visité l'exploitation.


Trois thèmes ont été retenus par les enfants pour leur journal "Lieux de production": l'histoire du site, l'agriculture biologique, la fabrication du vin. Par leurs questions, les enfants nous ont réappris ce que veut dire s'étonner : ouvrir ses sens, son esprit, à ce qui survient.



Les enfants, pressés de voir ce qui se passe dans la vigne de Lagarette

Émouvant l'étonnement des enfants, devant la nature et le vivant !
Pour nous adultes, usés par le quotidien des jours, les modes de raisonnement tous faits, une sensibilité qui s'émousse. Progressivement nous avons désappris à voir, à entendre, à toucher, ce qui, pour les enfants fait source d'étonnements.
Étonnements dont nous retiendrons ceux qui nous ont étonnés : la vigne qui pleure, la tisane d'orties et la malle d'Albert Jullien.



Les pleurs de la vigne ? Quelle belle découverte !

Étonnement devant la vigne qui pleure !
À la fin de l'hiver la sève remonte des racines vers les sarments encore liés aux ceps de vigne. Et lorsque le sécateur sectionne le sarment, la vigne pleure. La sève s'écoule quelque fois en abondance par l'extrémité du sarment que l'on vient de couper. Et nous d'expliquer aux enfants pourquoi à notre avis, il est important de tailler quand la vigne pleure. Signe de vie végétale prête à affronter naturellement toutes les agressions et nuisances extérieures.



Intéressant le touillage de la tisane d'orties !

Étonnement devant la préparation de la tisane d'orties !
À Lagarette, on a le souci de soigner la vigne. Elle est traitée, accompagnée dans sa croissance par des traitements naturels à base de plantes ramassées sur le site : orties, prêles, plantes aromatiques, etc., préparées comme des tisanes que l'on répand ensuite sur les ceps, jeunes et vieux, et sur le sol. Le jour de la visite des enfants, nous avons fait devant eux la préparation de la tisane d'orties. Orties coupées le matin. Eau du puits dans une vieille barrique dédiée à cet usage. Surprise, étonnement, touillage de la tisane. Explications. On peut soigner la vigne avec des plantes, plus précisément avec des plantes qui poussent au plus près d'elle. Évitant ainsi de contaminer les sols et les nappes phréatiques avec des produits toxiques, pesticides, et autres produits phytosanitaires profondément nocifs. Tous ceux largement utilisés en viticulture "conventionnelle".

Étonnement devant la malle d'Albert Jullien !
Lagarette, domaine viticole, est aussi une demeure historique du XVème. Albert Jullien, journaliste actif dans les années 30, a été l'heureux propriétaire de Lagarette, pendant quelques dizaines d'années. Proche des politiques de son temps, il les a accompagnés de part le monde, dans leurs voyages, en train et en bateau, disposant pour ses effets personnels d'une grande malle verticale de 1m60 de haut, sur 80 cm de large, et de 60 cm de profondeur. Malle bien aménagée avec tiroirs et penderie. Sorte de "piège à rêves" et à évènements. Petite maison à soi, si différente des sacs de voyage que nous emportons avec nous dans les voitures et les avions. Elle a dû en voir cette malle ! Des villes, des hommes, des plaines et des montagnes ! Peut-être même, a t-elle voyagé avec son propriétaire, dans des pays où aujourd'hui le vin de Lagarette est présent et apprécié : Californie, Canada, Corée, Japon, Russie, Brésil et l'Europe, bien sûr toute l'Europe, etc.

A quand la prochaine visite pour de nouvelles découvertes et étonnements ?